Une journée (presque) ordinaire, une de plus…

Aujourd’hui il y a eu…

– La maman de A. qui est arrivée comme une furie dans le couloir, prête à en découdre avec moi. Sa fille n’avait pas appris sa poésie et pour qui je me prends de lui mettre un D alors que c’est pas de sa faute, c’est parce qu’elle s’est couchée tard et qu’elle avait oublié son cahier.

– L., lui, n’avait pas fait signer sa dictée parce que tu comprends hier je suis allé faire du sport alors je ne pouvais pas. Si j’ai dormi à la maison, mais en fait, après le repas, je suis allé prendre ma douche et en fait, après je suis allé me coucher alors tu vois maîtresse, je n’avais pas le temps, vraiment.

– M. qui a tiré les cheveux de E. dans l’escalier mais « c’était pour rire, je te jure Maîtresse, j’ai rien fait, j’en ai marre moi à la fin. » Moi aussi.

– La maman de S., absente depuis six semaines, qui a jugé bon de m’appeler sur mon portable en pleine classe pour me dire ce qu’elle pensait du signalement que je venais de faire remonter à l’inspection. Elle le savait, depuis la première fois qu’elle m’a vue, que ça allait mal se passer entre nous. Elle jure que ce n’est pas fini. Dommage.

– S. qui m’a assuré que « chocolat » était un adverbe. Quand je lui ai suggéré que l’adverbe était sans doute un autre mot de la phrase, elle a proposé « gâteau ». Je suis lâche. J’ai laissé tomber.

– Une réunion, ce midi, pour essayer de composer les classes de l’année prochaine. Et comme il faut absolument séparer Y. et M. et que la maman de I. ne veut pas qu’il soit dans la classe de Mme C. et que dans cette classe, il y a déjà T. Du coup, c’est la merde. Comme d’habitude, sauf qu’on ne s’y habitue pas.

– Y. qui faisait le clown pendant nos répétitions du spectacle de fin d’année. Sauf que ce n’est pas un spectacle de cirque. Qu’il était déjà 16h30 et que j’avais vidé ma bouteille de patience.

– F. qui est venue jusqu’à mon bureau, malgré sa jambe boitillante et qui m’a déposé une feuille de brouillon toute moche. Quand je l’ai retournée, elle avait écrit que j’étais la meilleure maîtresse du Monde. Rien que ça. Elle avait même ajouté « Merci ».

De rien, c’est mon job.